
Les nouvelles vertus du vin
Date: 02 octobre 2007 à 15:02:11 MST Sujet: Vin et Santé
Pour ceux qui s'intéressent à leur santé, à celle de leurs parents ou amis, le mot « polyphénols » fait de plus en plus partie de leur vocabulaire. Cette famille de molécules, présente dans le vin rouge à hauteur de 2 à 3 grammes par litre en moyenne (10 fois moins pour le vin blanc) était la star du 3e congrès international Vin et Santé, qui s'est tenu du 20 au 22 septembre en Bordelais. Les éditions 2002 et 2005 avaient eu lieu au Chili et en Afrique du Sud; l'Italie est programmée pour 2009.
« Vin et Santé est un thème porteur pour notre profession », explique Laurent Cogombles, président de l'AOC Pessac-Léognan (25 kilomètres au sud de Bordeaux) qui a donc accueilli une centaine de médecins et de chercheurs venus de 17 pays et qui ont présenté une quarantaine de communications.
« Vin et Santé est une discipline jeune et un domaine d'investigation immense pour les chercheurs du monde entier. Les découvertes, déjà réelles, devraient se multiplier », avance Pierre-Louis Teissedre, professeur d'oenologie à Bordeaux et cheville ouvrière de ce congrès (1).
Coeur, obésité, Alzheimer. Depuis les travaux pionniers du professeur girondin Serge Renaud, mettant en évidence le « paradoxe français » au début des années 1990, on connaît le rôle bénéfique des polyphénols dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Mais ce rendez-vous 2007 en Bordelais a mis en évidence d'autres effets potentiellement bénéfiques sur des maladies comme le diabète ou l'obésité, deux sujets « explosifs » de santé publique dans les années à venir. De même pour des maladies dégénératives, type Alzheimer, où certains polyphénols ont des vertus protectrices sur les neurones.
Dans le vin, la famille des polyphénols est multiple : on y trouve les tanins (présents dans les pépins ou la peau, mais aussi provenant des barriques), les anthocyanes ou des stilbènes comme le resvératrol. « Chocolat et thé sont aussi riches en polyphénols, mais, dans le vin, leur variété est unique. Les effets positifs d'une consommation modérée ne sont jamais curatifs. Je vois le vin comme un premier violon dans un orchestre qui serait l'hygiène de vie de chacun, avec l'alimentation associée à de l'exercice physique. Pourquoi pas, un jour, le vin partie intégrante d'une politique nationale de prévention nutritive ? » analyse Pierre-Louis Teissedre, qui travaille sur ces questions depuis une quinzaine d'années.
Deux ou trois verres par jour. Si le vin est composé à 85 % d'eau, il intègre aussi 12 degrés d'alcool en moyenne. La dose faisant le poison, tout est dans la modération, puisqu'on connaît les dégâts provoqués par les abus et la dépendance à l'alcool. D'autant que le vin est un des produits alcoolisés les moins chers. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit des seuils de consommation régulière et modérée : deux verres de vin de 12 centilitres par jour pour une femme, soit 12 verres par semaine de six jours (un jour sans consommation étant recommandé). Soit deux bouteilles de 0,75 l par semaine. Pour un homme, c'est 3 verres par jour, soit un peu moins de 3 bouteilles par semaine.
Mais, au-delà des comptes, il y a le plaisir. « Quelle est la définition de la santé ? » s'interroge ainsi le professeur Teissedre. « Un bien-être biologique mais aussi psychique. Le vin, qui destresse et détend, est un des rares produits à proposer les deux. »
(1) Voir notamment www.vin-sante.org.
Cesar Compadre, www.sudouest.com
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