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Le vin français retrouve un peu de couleur à l'étranger


Date: 28 septembre 2007 à 11:05:51 MST
Sujet: Vins et commerce

Anfin une bonne nouvelle pour la viticulture française, malmenée depuis plusieurs années par les vins du Nouveau Monde et des concurrents européens tels que l'Italie et l'Espagne. Les exportations sont à la hausse. Selon la note de conjoncture d'Agreste, le service des statistiques du ministère de l'agriculture, publiée mercredi 16 août, les exportations de vins et champagne pour le premier semestre s'élèvent à 2,75 milliards d'euros, en hausse de 16,8 % par rapport aux six premiers mois de 2005. Depuis le début de l'année, les boissons dopent l'excédent agroalimentaire français. Ce dernier s'élève à 4,2 milliards d'euros au premier semestre, en hausse de 1 milliard d'euros. Une augmentation essentiellement imputable aux boissons, dont l'excédent commercial représente 3,9 milliards d'euros, dont 2,5 milliards pour les vins et champagne (+ 18,6 %).

En juin, toujours selon Agreste, les ventes de champagne ont progressé de plus de 40 % en valeur (+ 38 % en volume). La hausse plus modérée des ventes de vins (+ 20 % en valeur, + 4 % en volume) est due principalement aux vins rouges de Bordeaux, dont les prix s'apprécient sensiblement, précise la note.

Début août déjà, la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), qui regroupe 550 entreprises, avait annoncé une hausse de 18,6 % des exportations de janvier à mai. Malgré ce bon début d'année, les professionnels attendent des données sur un plus long terme pour oser évoquer la reprise. En effet, la situation n'a pour l'instant rien d'idyllique. Les bons résultats sont avant tout dus au cognac, au champagne, à la vodka et aux grands crus de Bordeaux, selon la FEVS. Si hausse des exportations il y a bien, elle est en outre loin de concerner toutes les appellations : alors que les bordeaux connaissent une hausse de 34 % sur les cinq premiers mois de l'année et les côtes-du-rhône de 33 %, les bourgognes ne gagnent "que" 9 %. Les vins du Val de Loire sont quant à eux en perte de 6 % et les beaujolais de 5 %.

"EFFET MILLÉSIME" A Bordeaux même, la situation est contrastée. Le vin rouge se redresse tandis que le blanc baisse, et ce sont les grands crus qui permettent une telle embellie. "La caractéristique du Bordelais, affirme Jean-Philippe Code, chef du service économique du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), c'est qu'il compte des produits sensibles à l'effet millésime et des marchés, comme les Etats-Unis, tout aussi sensibles à cet effet." Depuis le début de l'année, Bordeaux profite ainsi d'expéditions importantes du millésime 2003 et d'un bon millésime 2005. Cependant, certains s'interrogent : qu'adviendra-t-il si le millésime 2006 n'est pas à cette hauteur ?

De façon globale, les professionnels justifient leur prudence par une raison principale : les exportations augmentent, certes, mais les chiffres sont calculés sur la base des données du début 2005, une période particulièrement mauvaise, rappelle-t-on chez Ubifrance, l'agence française pour le développement international des entreprises, tout comme à Viniflhor, l'ancien Office national interprofessionnel des vins (Onivins). Les résultats sont en outre bien plus encourageants en termes de valeur que de volume, alors que la viticulture mondiale souffre de surproduction et doit gérer les excédents. "Nous ne sommes pas devenus tout d'un coup les meilleurs. Les exportations sont tirées à la hausse par l'augmentation de la consommation mondiale, et elles progressent aussi en Espagne, en Italie ou en Argentine, explique Caroline Blot, du service économique de Viniflhor. Cela ne veut donc pas dire que les vins français gagnent des parts de marché."

Néanmoins, personne ne nie les signes d'amélioration. En juillet, Agreste titrait une de ses notes "Reprise fragile des exportations de vins français". Rappelant que, en 2004, elles s'étaient dégradées de 6 %, en volume et en valeur, et qu'en 2005 la récession avait été freinée (- 2 % en volume, + 1 % en valeur), les experts estimaient qu'une reprise s'était amorcée depuis la fin de l'année 2005. "L'amélioration sur les marchés extérieurs s'est poursuivie globalement en ce début d'année (...), mais elle demeure toutefois encore fragile", expliquaient-ils.
A quand la réelle reprise ? A Bordeaux, on en parle déjà, car "sur un an, nous constatons une hausse de 5 % en volume et de 20 % en valeur", estime M. Code. "Je pense que dans les autres appellations aussi l'on va vers une reprise, c'est-à-dire vers l'arrêt de la chute importante des exportations", espère-t-il.



Laetitia Clavreul


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